1. Géographie

 

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Il y a trois races principales : Blancs, Noirs et Jaunes. Les Blancs ont la peau blanche, le nez et les lèvres minces; les Noirs sont tout le contraire; et les Jaunes sont un peu entre les deux.

Cette classification, toujours très populaire, tire profit d’un flou savamment entretenu mais elle souffre quand même de quelques petits défauts de fabrication. Entre autres choses, je me demande bien à quelle race principale il faudrait rattacher le milliard d’habitants de l’Inde ou du Pakistan, qui ont des traits de Blancs et des peaux de Noirs mais ne sont pas des Jaunes.

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Il y a huit grandes reli­gions dans le monde : le christianisme, le bouddhisme, l’hindousisme, l’islam, le shin­toisme, le confucia­nisme, le judaisme, et l’animisme.

Il y a quelque chose qui m’intrigue à propos de l’animisme : com­ment les Inuits du Canada, les Aborigènes de l’Australie, les Indiens de l’Ama­zonie et tous les autres peuples « animistes » dispersés aux quatre coins du monde peuvent-ils bien faire pour pratiquer la même reli­gion sans jamais avoir établi le moindre contact entre eux? Drôle de coïncidence! Est-ce qu’ils parlent aussi la même langue, le Primitif ?

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« Diversité, chaleur, humidité et saison de pluies, sous-développement et croissance rapide de la population, telles sont les principales caractéristiques de la zone chaude de la Terre. » Brousseau, M. et G. Desharnais, Une planète à découvrir : la Terre, Beauchemin, Montréal, 1984, p. 368.

Si c’est le sous-développement qui pousse natu­relle­ment dans le sud, pourquoi le Mexique et le Pérou étaient-ils plus développés que le Canada il y a cinq siècles? Et si les humains prolifèrent sous l’effet de la cha­leur et de l’humidité, pourquoi l’Europe a-t-elle été la région du monde la plus densément peuplée depuis plusieurs siècles? Au fait, les géographes seraient-ils totalement nuls en histoire?

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C’est l’adaptation aux différents milieux naturels qui façonne les cultures locales.

Il est quand même étonnant que les missionnaires en Afrique n’aient pas adopté le port du pagne.

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Le climat est plus hostile dans le Sud, ce qui explique le sous-développement.

C’est un genre d’hostilité qui semble attirer beau­coup les touristes.

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« Autant le milieu équato­rial ne favorise pas la vie animale, autant il ne con­vient pas aux hommes. » Hamelin, R. et G. Martel, Géographie générale, Guérin Éditeur, Montréal, 1984, p. 379.

« Le monde animal y abonde [dans le milieu équatorial]. » Authier, D. et alii, Objectif Terre, Lidec, Montréal, 1983, p. 211.

Comment voulez-vous que de pauvres élèves s’y retrouvent?

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« Ce milieu [tropical] est tout à fait hostile à l’occupation humaine, qu’elle soit résiden­tielle, récréative, minière, agricole ou fores­tière. » Brousseau, M. et G. Desharnais, Une planète à découvrir : la Terre,Beauchemin, Montréal, 1984, p. 372.

L’énoncé de ce grand principe scientifique ne semble pas avoir convaincu les « 100 000 Indiens » de l’Amazonie dont les auteurs mentionnent l’exis­tence tout de suite après. Pas plus que les touristes qui visitent cette région, les chercheurs d’or et les très nom­breux travailleurs miniers, forestiers ou agricoles qui y vivent.

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« Sous-développement : déséquilibre entre la forte augmentation de la population et la faible augmentation des ressources. » Hamelin, R. et G. Martel, Géographie générale,Guérin éditeur, Montréal, 1984, p. 345.

Je pensais que des ressources, c’était quelque chose qui risque de s’épuiser plutôt que d’augmenter.

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L’Afrique est aux prises avec un problème de surpopulation.

Étant donné que sa densité de population est quatre fois moindre que celle de l’Europe (l’Union europé­enne), soit de 28.8 contre 115 habitants au km2, faut-il supposer qu’elle indique un nombre de « bouches à nourrir » tandis que celle de l’Europe réfère à des « ressources humaines »?

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« Cette insularité confère au pays [le Japon] et à ses 120 millions d’habi­tants, outre une grande familiarité avec la mer, un isolement qu’on a comparé à celui de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’Europe, favorable, comme celui-ci, à l’essor d’un sentiment aigu de son origina­lité et de son indépen­dance, et à la possibilité de choisir libre­ment ses partenaires politiques et écono­miques. » Knafou, R. et alii, Géographie : le système monde, Librairie classique Eugène Belin, Paris, 1986, p. 170.

Si c’est l’insularité qui explique le développement du Japon et de la Grande-Bretagne, pourquoi ça n’a pas marché avec les habitants de Java, de Cuba ou de Madagascar?

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L’éducation dans les « sociétés archaïques  : «  L’apprentissage des jeunes se fait exclusi­vement par imitation et observation des adultes : ces sociétés ignorent généralement toute écriture. » Knafou, R. et alii, Géographie : milieux et sociétés, Librairie classique Eugène Belin, Paris, 1984, p. 145.

En plus d’être analphabètes, seraient-ils tous sourds et muets?

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« […] l’homme des cavernes, l’homme préhistorique devant le volcan en éruption, ne pouvait qu’implorer à genoux ses dieux primitifs : il ne savait pas ce qu’était un volcan. » Soumeillant, M. N. et alii, La Terre et toi, Beauchemin, Montréal, 1984, p. 8.

Pauvre lui! Ça devait faire mal aux orteils quand il marchait sur de la lave par mégarde. Heureusement, le moderne est bien au courant, lui, et il peut prier des dieux modernes.

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« Ces sociétés archaïques résultent d’une isolement, généralement consécutif à des conflits […]. De l’isolement résultent les méfaits de la consanguinité, en raison de mariages fréquents entre proches parents dans des groupes de petite taille […]. » Knafou, R. et alii, Géographie : milieux et sociétés, Librairie classique Eugène Belin, Paris, 1984, p. 145.

Belle théorie pour expliquer l’imbécillité des races inférieures par leurs tares génétiques! Il est quand même étonnant que ces prétendus « méfaits de la consanguinité » n’aient jamais été remarqués par aucun explorateur, missionnaire ou anthropo­logue, et qu’au contraire, les spécialistes de la génétique aient noté, dans ces petites populations, une fréquence des maladies héréditaires qui est net­tement moindre que dans la population québé­coise, par exemple.

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Note : Le lecteur avisé notera que beaucoup de théories géogra­phiques sont formulées par des historiens, et vice versa. Ces deux disciplines étant spécialisées en tout – tout ce qui prend place dans l’espace ou dans le temps –, elles sont également fertiles en théories concernant la linguistique, l’anthropologie, l’économique ou la biologie.

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